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Attention, avis de spleen dans les jours, les semaines qui suivent votre mariage!     « Non, non, ce ne sera pas mon cas ! » vous dites-vous en lisant ces lignes. Et pourtant, certaines d’entre nous sont touchées par ce sentiment de vide, communément appelé le wedding blues, qui nous habite après le Jour J. Pour nous aider à comprendre pourquoi il survient et comment l’éviter et/ou le gérer, nous avons interviewé Anne Robert, psychologue spécialiste en psychothérapie FSP.

semarier.ch : Quelle définition donner au wedding blues?

Anne Robert: Il se caractérise par un passage à vide, après un moment de grande excitation qui génère ou a généré beaucoup d’attentes.

Pour certaines personnes, le mariage illustre cette situation. Il concrétise la rencontre du prince charmant et doit être le plus beau jour de leur vie. Or, la journée du mariage, même si elle se déroule on ne peut mieux, ne peut jamais être à la hauteur d’un rêve. Un rêve, on le fabrique, il est parfait! Le Jour J, lui, est ancré dans la réalité avec son lot d’imperfections petites ou grandes!

Le soir du mariage ou dans les jours qui suivent, certaines personnes peuvent éprouver un manque, à l’image des sportifs en défaut d’adrénaline après s’être investis durant des semaines, des mois dans la préparation de leur compétition. Leur état émotionnel se traduit par une déprime qu’elles alimentent ou pas.

sm.ch: Existe-t-il des profils plus disposés à vivre un wedding blues?

A.R: Il concerne surtout les personnes qui vivent avec des « montagnes russes émotionnelles ». Elles ont besoin de sources d’excitation pour se sentir bien. Dès que ces stimuli disparaissent, elles ont l’impression de ne plus vivre.

C’est aussi pour cette raison que le wedding blues touche sans doute plus les femmes que les hommes. Celles-ci ont plus tendance à être dans l’imaginaire, à se « faire des films », alors que les hommes sont, pour la plupart, plus terre à terre, ils vivent plus avec leur réalité et moins avec leurs émotions. C’est fatiguant de vivre au rythme de ses émotions, et le prix à payer se traduit par une alternance de plaisir  et de souffrance.

sm.ch: Les personnes accros aux vagues émotionnelles peuvent-elles éviter le wedding blues?

A.R: Dans le cadre du mariage et de sa préparation, on sort de l’ordinaire. On est l’objet d’attentions, de sollicitations qui nous distinguent, peuvent nous laisser penser qu’on est spécial ! Ce statut est source d’illusions qui disparaissent après le mariage, quand la vie normale reprend son cours.

Pour prévenir le wedding blues, il est important de rester connecté à notre réalité et à ce que nous sommes, à ce que nous ressentons.

sm.ch: Concrètement, comment faire?

A.R: Apprendre à vivre le moment présent, simplement, sans toutes les « histoires que l’on se raconte ». Pour y parvenir, une approche thérapeutique occidentale très en vogue aujourd’hui : la Mindfulness. Elle s’inspire des pratiques de méditation qui sont, utilisées en Orient depuis des millénaires.

On y découvre petit à petit comment, et par quels mécanismes, nos pensées entraînent des émotions bien précises. Il s’agit d’un apprentissage et d’un entraînement qui nous aide à vivre pleinement le moment présent tel qu’il est, sans avoir besoin d’y ajouter les « films » que l’on se fait et qui sont la source des vagues émotionnelles. Exercée régulièrement, elle permet d’atteindre une certaine sérénité. Celle-ci n’empêche pas d’éprouver de la joie, bien au contraire.  Petit à petit on en vient à vivre les évènements plus tranquillement!