belle-mereC’est elle ou moi! Cette phrase peut être indifféremment prononcée par vous, belle fille en devenir ou par votre future belle-mère. Pour éviter d’en arriver à cet ultimatum délicat et comprendre le château de cartes qui se bâtit au sein du trio belle-mère, belle-fille et fils, nous avons demandé à Isabelle Yakoubian,  psychologue FSP, spécialisée en thérapie familiale, de nous donner quelques clés pour appréhender la situation et développer une relation sereine.

La situation de départ entre la belle-mère, le fils et la belle-fille

Le fils: Il est le héros malgré lui. Sa situation est complexe car il est pris dans un conflit de loyauté entre deux femmes. Il les aime toutes les deux et se demande comment aimer l’une sans trahir l’autre.  Cette difficile équation l’amène souvent à se mettre en retrait pour ne blesser ni l’une ni l’autre.

La belle-mère: Elle apprend à quitter son fils et accepte l’idée qu’il peut être heureux sans elle. Elle peut se sentir dépossédée par l’arrivée d’une autre femme. Sa future belle-fille est parfois vécue comme une intruse qui met en péril la relation qu’elle entretient avec son fils. Elle peut également être inquiète: « saura t’elle l’aimer, le rendre heureux?» Elle veut protéger son fils.

La belle-fille: Elle est historiquement vécue comme une « pièce rapportée ». Longtemps, elle a dû quitter sa propre famille, son environnement quotidien pour se mettre au service de sa belle famille et de sa belle-mère. Elle doit prendre conscience que la relation mère-fils repose sur un lien biologique beaucoup plus fort que le lien contractuel qu’elle s’apprête à officialiser avec son amoureux. Elle essaie de comprendre que son arrivée peut représenter une séparation douloureuse pour sa belle-mère dans la relation qu’elle a avec son fils.

Et maintenant, on fait quoi?

Quelques clés pour éviter le terrain de la rivalité avec soupe à la grimace, remarques assassines et coups pendables…

Le fils: Certains doivent apprendre à quitter leur mère, à mettre des distances et oser lui dire: «c’est ma vie, tu me laisses décider maintenant».

La belle-mère: Elle se rappelle qu’elle aussi a été ou est belle-fille et se remémore ses relations avec sa belle-mère en tirant les leçons de sa propre expérience. Elle respecte les décisions de sa belle-fille sur l’organisation du mariage et ne donne son avis que si on la sollicite. Elle est disponible mais pas intrusive, en conseil pas en imposition. Si elle participe financièrement au mariage, elle n’en tire pas avantage pour faire prévaloir son point de vue. Elle n’oublie pas que ce n’est pas elle qui se marie!

La belle-fille: Elle fait preuve de doigté et d’élégance. Elle donne un rôle à sa belle mère dans l’organisation du mariage. Celle-ci a forcément un talent, caché ou pas, qui  sera utile et évitera des tensions stériles. Elle évite l’ultimatum «c’est elle ou moi» car elle risque fort d’être perdante à court ou moyen terme. Souvenez vous que le lien biologique est plus fort que le lien contractuel.

La belle-mère et la belle-fille: Elles prennent le temps de faire connaissance entre femmes et oubliant le rôle et la fonction de chacune. Elles avancent avec prudence et tolérance. Elles sont conscientes qu’elles aiment le même homme, d’un amour tout aussi fort mais différent. Et surtout, elles réalisent que cet homme, qu’il soit fils ou fiancé, ne leur appartient pas. Elles cherchent à devenir partenaires et non adversaires. Elles oublient les doux surnoms de «belle-mère = harpie » et « belle-fille = voleuse de fils» Elles restent chacune à leur place, en tant que mère ou fiancée. Attention si elles deviennent trop proches, le fils peut se sentir exclu! Elles mettent en avant ce qui les réunit.

 

N’hésitez pas à lire ensemble ce petit guide à l’usage des belles-mères, des belles filles et des fils ou à le laisser traîner pour que qui de droit le lise!